La campagne de lutte contre le SIDA en action
Profil de projet: Aide aux orphelin(e)s du SIDA à Bahir Dar, Éthiopie
Les pluies annuelles ont pris fin dans la région amhara du nord-ouest de l’Éthiopie, mais Yenequsneshe Kassahun, à Bahir Dar, ne dépend plus des saisons pour que sa maison ne soit pas inondée.
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Yenequsneshe Kassahun, avec sa fille Selam Fetena (2e à partir de la gauche), devant sa maison maintenant à l’épreuve des intempéries. © LWF/T. Miller |
Après avoir perdu son mari, mort du SIDA, Yenequsneshe Kassahun s’est battue pour élever sa fille Selam Fetena. Ne disposant pas d’une source de revenus régulière, elle avait le plus grand mal à trouver l’argent nécessaire pour satisfaire à des besoins fondamentaux tels que la nourriture, les soins médicaux, les frais scolaires … et la réparation des fuites de son toit. Elle priait pour obtenir de l’aide, de manière que sa fille puisse grandir dans un environnement sain.
En 2005, le Synode du centre nord de l’Éthiopie (NCES) de l’Église évangélique éthiopienne Mekane Yesus (EECMY) a mis en place un projet de soutien au foyer à Bahir Dar, où les taux d’infection au VIH dépassent 13 pour cent, afin d’aider des familles dans la même situation que Yenequsneshe Kassahum à prendre soin des enfants ayant perdu un parent ou leurs deux parents à cause du SIDA.
De 2005 à 2007, l’Église luthérienne de Bad Salzuflen, Allemagne, a permis au projet de Bahir Dar de fournir une large gamme d’aide à 150 garçons et filles: dons en argent pour l’achat de produits divers – nourriture, vêtements, activités de loisir, articles d’hygiène, taxes et matériels scolaires; soins médicaux; conseils sur des questions ou problèmes de comportement à l’école; aide complémentaire quand le logement est inadéquat. La FLM négocie actuellement un financement pour la période 2009 à 2011 par l’intermédiaire de son réseau de soutien.
La nécessité de se pencher sur la situation tragique de ces enfants d’âge scolaire est pressante; sur environ 744 100 orphelin(e)s du SIDA en Éthiopie, 39 pour cent vivent dans la région amhara, et quelque 4000 dans la seule ville de Bahir Dar.
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Le projet d’aide au foyer repose sur le principe selon lequel il est préférable de laisser les enfants orphelins dans leur environnement familier: soit dans leur famille si des membres de celle-ci vivent encore, soit dans une famille de leur communauté. Pour les orphelin(e)s, le bureau du projet lui-même fonctionne comme une sorte de famille élargie, ce qu’ils/elles appellent “bete negne” - “je suis chez moi”.
Dans cette région durement frappée par la pandémie du SIDA, le personnel du projet donne une haute priorité aux activités éducatives et préventives afin de réduire la stigmatisation et la discrimination et de prévenir la propagation du VIH. La formation des orphelin(e)s et de celles et ceux qui s’occupent de ces enfants a un effet multiplicateur lorsqu’ils/elles partagent ce qu’ils/elles ont appris dans les clubs anti-VIH à l’école, ou avec d’autres personnes de leur communauté.
Briser le silence
L’approche collaborative qui a été choisie signifie que les différentes communautés de foi de Bahir Dar, y compris la petite paroisse de l’EECMY, sont impliquées dans le travail – ce qui constitue une étape importante car, comme le note le coordinateur du projet Teshome Tena, le silence fait sur le SIDA, en particulier dans les Églises, ne se brise que lentement, bien que des signes de plus grande ouverture se manifestent.
Les effets positifs du projet se mesurent en termes concrets, comme par exemple les dossiers de fréquentation scolaire presque parfaits des enfants inscrits, le nombre d’élèves figurant dans le groupe des meilleurs, ou l’attribution de certificats d’excellence par le gouvernement. Toutefois, le plus frappant est l’effet transformateur qui s’exerce sur la confiance que les gens ont en eux-mêmes et sur leur vision de l’avenir.
Les familles savent qu’elles sont soutenues, note le coordinateur du projet, et cela se reflète dans l’intérêt renouvelé qu’elles portent à la vie et dans leur espérance pour l’avenir. Observer un enfant orphelin du SIDA, le voir changer et s’épanouir, noter les améliorations qui se produisent dans sa vie et dans celle de sa famille d’accueil, constater l’évolution des réflexions et des pratiques – “C’est un vrai bonheur pour moi”, résume Teshome Tena.
Yenequsneshe Kassahun, qui n’a plus besoin de recueillir l’eau de pluie dans des pots et des casseroles, exprime les choses simplement: “Mes prières ont été exaucées.”
Le Département de mission et développement s’efforce actuellement de garantir le financement du programme “Soutien au foyer des enfants orphelins du SIDA à Bahir Dar” pour la période 2009 à 2011, tandis que les responsables de la coordination du projet négocient un soutien à plus long terme auprès du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.






